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Réponse à madame Isabelle Dessureault, porte-parole de Quebecor PDF Imprimer Envoyer
Voici la lettre rédigée par Raynald Leblanc et publiée par La Presse le mardi 23 décembre 2009 en réponse à la lettre d'Isabelle Dessureault qui réagissait à la chronique Un empire qui empire de Marc Cassivi.

Nous avons été surpris de votre lettre ouverte publiée dans La Presse de mardi. Prétextant une réplique à un texte de Marc Cassivi, vous avez plutôt profité de l'espace qui vous a été alloué pour attaquer notre syndicat en utilisant, comme vous le faites si souvent, des raccourcis qui tordent la réalité. Nous jugeons donc essentiel de faire le point.

Vous écrivez que le conflit qui nous affecte depuis près d'un an ne tient qu'au refus des employés de donner leur accord à des mises à pied. C'est faux. Rappelons que Quebecor nous a formulé plus de 200 demandes, dont plusieurs n'ont rien à voir avec des licenciements. Certaines menacent même carrément la survie de l'information locale et la variété des sources dans les pages du Journal de Montréal. Sans compter qu'il y a deux semaines, alors que nous tentions de relancer la négociation, votre entreprise a exigé de mettre à pied de nombreux journalistes et photographes au profit des contenus convergents d'autres médias appartenant à Quebecor.

La réalité est tout autre

À vous lire, la CSN serait l'entière responsable de ce lock-out et les représentants syndicaux prendraient en otage les employés. La réalité est tout autre: notre syndicat est libre de ses actes et c'est l'assemblée générale (donc tous les membres) qui dictent nos positions. La centrale nous vient en appui pour nous défendre. Et, malgré vos tentatives de justification, c'est bien Quebecor qui porte l'odieux de ce lock-out.

Vous en avez contre les départs volontaires. Nous jugeons qu'il s'agit de la meilleure façon d'assurer une fin de carrière dans la dignité à des employés qui ont donné 30, voire 35 ans de leur vie à un seul et même employeur. Par leur dévouement, les travailleurs du Journal de Montréal ont permis à Pierre Péladeau de bâtir un empire.

Il suffirait à l'empire de revenir à la table de négociation pour se rendre compte que les départs volontaires permettraient de rejoindre et peut-être même de dépasser vos objectifs de réduction d'effectifs. Vous seriez surprise, Mme Dessureault, du nombre de personnes qui ne veulent plus rien entendre des méthodes de Quebecor et qui ne souhaitent pas remettre les pieds au Journal de Montréal, tant elles digèrent mal l'affront de s'être fait mettre à la rue. Malheureusement, votre refus d'en discuter nous mène inévitablement vers un cul-de-sac.

C'est une chose d'arriver à publier quotidiennement un journal sans ses 253 employés. Mais rappelons-nous toujours qu'il est fait sans ses journalistes et photographes, qui œuvrent aujourd'hui sur RueFrontenac.com. C'est une incroyable entorse à la réalité de prétendre que vos cadres sont « tous des journalistes d'expérience ». Auriez-vous oublié que deux des trois soi-disant photographes qui prennent des clichés pendant le lock-out travaillaient auparavant dans des secteurs n'ayant rien à voir avec l'information ou la photographie, qu'une ancienne surnuméraire aux archives tient une chronique et que le directeur des ressources humaines écrit des reportages et signe des photos? Les exemples du même genre sont légion.

La vérité, c'est que les pages du Journal de Montréal sont remplies en majorité avec des textes provenant d'autres médias de Quebecor.

Soyez assurée que devant le mépris de Quebecor, vous retrouverez sur votre chemin 253 employés déterminés à obtenir des conditions de travail réalistes et qui assurent une diversité d'information nécessaire à notre démocratie.

Raynald Leblanc au nom des 253 employés en lock-out du Journal de Montréal

 

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