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QUESTION 5 - C’est quoi votre problème avec l’agence QMI? PDF Imprimer Envoyer

En premier lieu, nous sommes convaincus que l'agence QMI a été mise sur pied pour remplir les pages du Journal de Montréal pendant que ses journalistes sont en lock-out. Son fonctionnement permet aux médias de l'Empire de reprendre les contenus diffusés par tous les autres médias de l'Empire.

Ce que ça donne? En notre absence, les pages du Journal de Montréal sont remplies de textes en provenance du 7 Jours, du Canal Argent, du quotidien gratuit 24 heures, etc.

Le malheur, c'est que ça marche tellement bien (Le Journal de Montréal continue de paraître sans ses journalistes) que Quebecor a décidé d'en faire un plan de contingence permanent. Grâce à l'agence QMI, n'importe quel média de Quebecor peut mettre à pied tout son personnel et continuer d'être publié ou diffusé en toute impunité! Ainsi, le jour où TVA sera en lock-out, tous les autres journalistes de l'Empire rempliront les bulletins de nouvelles de Pierre Bruneau contre leur gré. Au plus grand plaisir de Pierre Karl Péladeau, qui en profitera pour casser tous les syndicats sur son passage.

Nous pensons aussi que l'agence QMI n'a pas la crédibilité de la Presse Canadienne, qui peut compter sur les importantes ressources de l'agence américaine Associated Press. Nous craignons les répercussions, à moyen et à long terme, sur le paysage médiatique canadien du remplacement de la PC par QMI dans les médias de Quebecor.

Il s'agit d'une véritable machine de « blanchiment d'information » qui fait disparaître la provenance des textes et des nouvelles. Ainsi, un texte d'analyse sur les sables bitumineux en Alberta écrit par le Calgary Sun pourrait être publié intégralement dans Le Journal de Montréal sous la mention « Agence QMI ». Non pas que nous pensons que nos collègues journalistes d'Alberta ne font pas du bon travail, mais nous croyons que la provenance d'un texte est une information essentielle au lecteur pour mettre en perspective ses conditions de production.

Dans un même ordre d'idées, un artiste qui voudrait boycotter un média, par exemple Le Journal de Montréal, pourrait se retrouver dans les pages de ce journal contre son gré. En octroyant une entrevue au 7 Jours, par exemple, il pourrait voir Le Journal de Montréal reprendre le texte via l'agence QMI. C'est arrivé des dizaines de fois durant notre conflit.
Il en va aussi de l'identité du Journal et, par conséquent, de son avenir.

Qui voudra d'un journal où c'est un chroniqueur politique de Toronto ou de Calgary qui expliquera le budget fédéral aux Québécois? Ou d'un journal dans lequel la couverture du match entre le Canadien et les Oilers serait faite par un journaliste d'Edmonton? Ou d'un journal où la critique d'un film français serait écrite par un journaliste torontois?

Les expériences des élections fédérales de 2008 et des Jeux olympiques de Pékin, durant lesquels nos patrons ont abusé du droit qu'ils avaient de publier certains textes venant des Sun (les journaux anglophones de la chaîne Sun Media, filiale de Quebecor qui est maintenant propriétaire du Journal de Montréal), nous ont convaincus que le produit qui en découle n'est d'aucun intérêt pour notre public et menace ni plus ni moins la survie du Journal et nos emplois.

Pour toutes ces raisons, nous croyons que l'agence QMI est une bibitte dangereuse qu'il faudra sérieusement encadrer si jamais son existence perdure au-delà du conflit.

 

Liens

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Fédération professionnelle des journalistes du Québec

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Organismes solidaires

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• Association des conseillers en publicité de Journal de Montréal

• Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ)

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