| QUESTION 3 - Le monde des médias est en crise. Le réalisez-vous? |
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C'est évident. Il faudrait être aveugle pour ne pas l'admettre. Cela dit, l'expérience de Rue Frontenac et le rôle que nous avons joué dans la mise à jour des scandales de corruption qui ont marqué les dernières élections municipales ont, d'après nous, confirmé nos impressions que le vrai journalisme, celui qui sert le public et la démocratie, a encore sa place, peu importe les plates-formes, et qu'il doit être pratiqué par des professionnels. Le Journal de Montréal accuse un énorme retard dans son déploiement sur les nouvelles plate-formes de diffusion et Quebecor n'a qu'elle à blâmer pour ce retard. Ça fait maintenant neuf ans que le syndicat réclame un site Internet du Journal de Montréal qui soit un véritable prolongement de notre travail sur la Toile plutôt que de voir nos textes noyés dans l'incroyable méli-mélo qu'est devenu Canoë. Nous prouvons tous les jours sur le site Internet d'information que nous avons créé, www.ruefrontenac.com, que nous avons l'expertise et le désir de demeurer les numéros un de l'information au Québec. Notre site Internet, nous l'avons créé en trois semaines grâce à l'aide de quelques nerds et une poignée de dollars. C'est ça, la révolution numérique. Du talent et de la bonne volonté mis à profit. Malgré tout, Quebecor a continué de nous accuser faussement de refuser de nous adapter à la réalité. On pensait bien qu'avec le lancement de Rue Frontenac, Quebecor et ses représentants seraient un peu gênés de dire publiquement que nous refusons la modernité, mais il semble que non. On a longtemps entendu les mêmes accusations, venant du même argumentaire hérité de Luc Lavoie. « Le syndicat a déposé 1 500 griefs pour nous empêcher de nous déployer sur Internet, et blablabla... », a-t-on souvent entendu. Celle-là , on la trouvait bien amusante. D'abord parce que ce ne sont pas 1 500 griefs, mais plus de 2 500 griefs qui ont été déposés par le syndicat afin d'empêcher Quebecor d'utiliser l'espace rédactionnel du Journal pour faire de la publicité à une autre entreprise, Canoë, ce que ne permettait pas notre convention, selon nous. Nous tentions de forcer notre employeur à arrêter de faire croire aux gens que Canoë était le site Internet du Journal et à respecter une lettre d'entente datant de 2005 voulant qu'avant de se « déployer » sur le Web, Quebecor en négocie les modalités avec nous. Quebecor et sa porte-parole Isabelle Dessureault n'en parlent plus parce que ces griefs, nous les avons à peu près tous gagnés. Dans une décision rendue le 26 mai 2009 (et que conteste présentement Quebecor devant la Cour supérieure), l'arbitre Me Diane Sabourin a reconnu la validité de la très grande majorité de ces griefs, notant au passage que cette fastidieuse procédure aurait pu être évitée si l'Employeur avait respecté ses promesses de nous donner le site Web que nous réclamions pour le bénéfice des lecteurs du Journal de Montréal. Quebecor a profité du lock-out pour enfin lancer, dans l'indifférence générale, un site Internet calqué sur tous les autres de l'empire Sun Media. Un produit franchement décevant qui est très en deçà de ce que l'on pourrait offrir aux lecteurs montréalais et québécois si nous avions pu unir nos forces. |










Le SNJ, né en mars 1918, a choisi la voie de l’autonomie plutôt que l’option Confédérale. Au niveau intersyndical le SNJ est membre fondateur de l’Union syndicale du Groupe des Dix Solidaires. Une union de syndicats autonomes qui dépasse allègrement aujourd’hui la dizaine d’organisations à l’origine du groupement et de son appellation.