| QUESTION 11 - Qu’en est-il des pigistes? Ils ont bien le droit de gagner leur vie, non? |
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Les pigistes ont toute notre sympathie et notre respect dans le contexte actuel. Travailler comme ils le font, sans filet, montre une vocation et un amour du métier que nous partageons. Certaines de nos déclarations publiques au début du conflit sur la qualité de l'information et l'utilisation que Quebecor fait de leur travail dans nos pages leur ont déplu et nous le regrettons. Mais il reste qu'à notre humble avis, le combat que nous menons et tous ceux que le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM) a menés depuis sa fondation il y a près de 40 ans ont contribué à faire avancer la cause de tous les journalistes au Québec. Ils ont contribué à établir la véritable valeur du travail des journalistes dans leurs propres négociations avec les propriétaires de la presse québécoise. C'est cet équilibre qu'est en train d'essayer de rompre Quebecor par ses actions. Par ses attaques contre ses employés syndiqués, mais aussi par l'odieux contrat de cession de droits d'auteur que Quebecor force ses collaborateurs non syndiqués à signer. En France, où il y a un plus grand respect pour les auteurs, personne n'oserait essayer de faire signer ce genre de contrats, mais nos gouvernements n'ont pas encore eu le courage de dénoncer cette situation ni de la corriger. En attendant, ça nous attriste de voir que Quebecor utilise le travail de journalistes qui avaient signé ces ententes pour alimenter un journal en lock-out. Il est aussi faux de dire que le STIJM ne s'inquiète pas de leur sort. Lorsque Quebecor a commencé à faire signer ces contrats aux collaborateurs pigistes du Journal de Montréal, le STIJM avait organisé une rencontre, à ses frais, avec un spécialiste des droits d'auteur afin de les aider à résister devant cette attaque. Cela n'a malheureusement pas eu de suites. Notre but n'est pas d'empêcher les pigistes de faire leur travail. Il est de nous assurer qu'un maximum d'entre eux puissent être engagés dans notre journal aux mêmes conditions que nous. Qu'ils soient les plus nombreux possible à profiter de la même liberté et des mêmes protections que nous dans l'exercice de leur métier. À l'âge de pierre du journalisme québécois, les communiqués arrivaient dans des enveloppes brunes qui contenaient aussi des billets de 10 $ ou 20 $ pour s'assurer que le journaliste fasse « une bonne article » (sic). Personne ne veut retourner à cette époque. C'est la syndicalisation qui a mis fin à ces pratiques qui compromettaient l'accès du public à une information de qualité. |










Le Centre d'études sur les médias, un organisme sans but lucratif fondé en 1992, est un lieu de recherche, mais il est également un agent de concertation entre les entreprises de communication, les milieux gouvernementaux et universitaires.